jeudi 15 août 2013

Une leçon avec le grand Daniel




Titre: Dictionnaire amoureux du rugby

Auteur: Daniel Herrero

Année de première édition: 2004

Domaine: Sports

Cote: 796.333 HER

Localisation: Prêt Adulte

Utilisation: Prêt Normal



Vous avez appris il y a seulement quelques années qu'il y a un sport pratiqué en France et dans le monde qui s'appelle rugby et vous souhaitez en savoir plus; vous suivez chaque match du XV de France mais beaucoup de subtilités de ce jeu vous échappent; vous êtes comme moi issu d'une terre d'Ovalie où petit on joue plus facilement au rugby qu'au foot et vous pensez tout connaître de votre sport; et bien pour tous ces cas de figure, ce livre est fait pour vous.

En effet, Daniel Herrero, sage parmi les sages, extraordinaire amoureux du jeu de rugby, va vous prendre par la main et mot par mot, expression par expression, va vous expliquer sans jamais être compliqué, l'histoire, la géographie, les lieux mythiques, la technique, les postes et les grands noms du rugby mondial et hexagonal. J'ai envie d'écrire que ce livre est le manuel de l'université populaire du rugby, où la langue truculente du grand Daniel vous expose quelques vérités sur le rugby et la vie.

Des secrets y seront révélés, des pans d'histoire dévoilés, des anecdotes déterrées et enfin, un jeu expliqué, un jeu qui marque à jamais ceux qui l'ont pratiqué, quel que soit le niveau. Le rugby, c'est l'arche de Noé des sports collectifs car on a besoin de tout le monde: grands , petits, maigres, gros, rapides, forts,... Le livre de Daniel Herrero est à l'image d'une équipe de rugby, hétéroclite par ses sujets mais homogène par son but qui est de transmettre l'amour du jeu.

Lire ce livre a été une grande joie pour moi qui ai usé quelques paires de crampons sur les tous les terrains du département du temps de ma jeunesse insouciante et je suis sur que ce travail sérieux et rigolo ravira tous les fans de rugby.

De plus, la langue et l'imagination de Daniel Herrero sont à découvrir tellement elles sont uniques dans le monde de l'Ovalie. Lire ce livre c'est de nouveau entendre les commentaires de Daniel sur Sud Radio, à la grande époque comme disent les « vieux connaisseurs », quand on coupait le son de la télé pour entendre la voix de Daniel qui émanait de la radio et nous entraînait vers des sommets de régalade.

Après, pour terminer et même si la professionnalisation du rugby a enlevé pas mal de magie et de mystères au jeu, j'ai envie de continuer à aimer ce sport et terminer, comme Daniel à la radio, par un grand: « CIAO, CIAO, Les collègues!!! ».

samedi 27 juillet 2013

Lire et relire Taniguchi



Livres de Jiro Taniguchi à la médiathèque:



Blanco (tome 1 à 4)

Le journal de mon père (tome 1 à 3)

L'homme de la toundra

L'orme du Caucase

Quartier lointain (tome 1 et 2)

Un ciel radieux



La première fois que je suis tombé sur une case de Jiro Taniguchi, ce qui m'a frappé a été la beauté de son dessin; en noir et blanc, tout en ligne claire et d'une précision quasi-photographique. De plus, les gens- adultes comme enfants ou adolescents- sont beaux de la beauté des simples gens.

Toutefois, dans les livres de Taniguchi, il n'y a pas que de beaux dessins; il y a aussi de bonnes histoires.

Des histoires qui s'attachent aux petits riens de la vie qui la rendent si merveilleuse et parfois cruelle, comme dans le recueil de nouvelles-dessinées L'orme du Caucase.

Des histoires fantastiques et oniriques où l'on peut revivre son adolescence avec ses connaissances d'adulte comme dans Quartier lointain ou Un ciel radieux. Mais pourquoi revivre ces instants-là? Et bien pour essayer d'effacer les erreurs du passé, pour le plaisir des situations cocasses qu'ils provoquent et surtout pour nous faire faire de beaux voyages dans l'âme humaine.

On aura plaisir à découvrir le Japon moderne comme celui un peu plus ancien dans Le journal de mon père et on se baladera dans le Grand Nord avec Blanco et L'homme de la toundra.

Taniguchi croque avec tendresse la vie familiale et ses fêlures; il sait aussi mettre en lumière la simplicité et la belle âme des enfants. Il a quelques thèmes récurrents comme la séparation des parents, le père qui se « tue » au travail sans voir ses enfants grandir, ces enfants qui finalement ne connaissent pas vraiment leurs parents, la beauté de l'enfance et de l'adolescence...

Même si Taniguchi penche vers le fantastique par moments, tout cela reste étonnament plausible et sujet à un beau voyage.

Il réussit un parfait mélange entre le manga et la bd franco-belge. C'est donc une bonne occasion pour découvrir la bd japonaise pour qui ne la connait mais aussi d'approcher l'oeuvre d'un des auteurs de bd parmi les plus importants de son temps.

Alors laissez-vous tenter, ouvrez un de ces livres et vous serez déjà conquis par son dessin...






jeudi 4 juillet 2013

Un érudit en Sibérie...




Titre: En Sibérie

Auteur: Colin Thubron

Année de première édition: 1999

Domaine: Géographie

Cote: 910.4 THU

Localisation: Prêt Adulte

Utilisation: Prêt normal



Si comme moi, vous avez aimé accompagner Sylvain Tesson dans sa « Sibérie chérie » alors vous aimerez repartir pour un périple avec Colin Thubron, écrivain-voyageur (ou voyageur qui écrit bien!) dans ce Far East qu'est la Sibérie, une contrée difficile à cerner.

Colin Thubron est né en Angleterre en 1939 et a passé sa vie à voyager dans le monde entier avec une prédilection pour l'Asie; et ce livre raconte son périple qui l'amena en quelques mois à traverser la Sibérie d'Ouest en Est à la fin des années 90. L'URSS venait de tomber quelques années plus tôt et Thubron allait prendre le pouls de ce qui restait peut-être de plus russe dans l'empire, la Sibérie. La Sibérie, annexée par les cosaques du tsar et aménagée à coups de millions de déportés. Dans ce livre, l'auteur n'oublie pas de nous faire sentir ce lourd héritage par les lieux visités et les personnes rencontrées.

Colin Thubron écrit bien et maîtrise parfaitement son sujet, notamment l'histoire de la Sibérie qui est distillée dans les pages de ce livre sans jamais être rébarbative. Les données sur la Sibérie sont accompagnées des pérégrinations sur les lieux de cette histoire et les descriptions de l'auteur donnent à voir ces paysages chargés de symboles. De plus, les rencontres de l'auteur avec les habitants de la Sibérie, russes ou minorités autochtones, donnent à comprendre certains traits historiques et contemporains de la Russie.

Le voyage sera exotique par les paysages traversés, du printemps à l'hiver, mais aussi par les personnages croisés; la Sibérie ayant abrité de tous temps les réprouvés de la Russie. Déjà en 1999, la mafia gangrénait la Russie et beaucoup d'anciens regrettaient les avantages matériels du communisme. Mais comment regretter un régime qui vous infligeait 5 ans de camp pour une blague sur Staline prononcée dans la rue?

Le récit de Colin Thubron est un excellent récit de voyage mais aussi un bon livre d'histoire et de géographie, riche de dizaine de rencontres; et même, si à la fin du livre, comme l'auteur, on ne sait si on comprend mieux la Sibérie, au moins on aura fait un voyage enrichissant et par moment très émouvant.

lundi 17 juin 2013

Le tour de force de Jim Harrison





Titre: L'été où il faillit mourir

Auteur: Jim Harrison

Cote: R HAR

Année de première publication: 2005

Localisation: Prêt Adulte

Utilisation: Prêt Normal



Si j'affirme que Jim Harrison réussit un tour de force avec cet ouvrage, c'est qu'il vous offre au moins 2 romans et une autobiographie dans ce recueil de trois novellas. Il est convenu d'habitude d'appeler une novella, une longue nouvelle qui n'est pas un roman.

Dans la première novella, Harrison narre quelques mois de l'existence de Chien Brun, indien métis et nouvellement père par alliance; il vit avec ses deux enfants et son oncle dans les bois, pas très loin d'une ville du Nord. Le portrait de Chien Brun et de sa famille est très attachant et notamment la façon dont ils font face aux coups du sort. Chien Brun se découvre notamment une âme de père lorsqu'il s'agit de s'occuper de Baie, sa jeune fille atteinte de la maladie du bébé alcoolique car sa mère a bu pendant la grossesse. Baie ne parle pas mais sait imiter tous les oiseaux et a un petit serpent noir pour compagnon. Chien Brun se débrouille comme il peut pour gagner quelques dollars pour ses enfants afin d'améliorer l'ordinaire. Mais Chien Brun est aussi attachant, tout comme une galerie de personnages comme Gretchen l'assistante sociale ou Belinda la dentiste à la sexualité débridée. A la lecture de cette novella, on se rend compte de l'immense talent de Jim Harrison et on se dit que ce texte, plus développé, aurait fait un sacré roman. Mais le voyage et le dépaysement sont là. Harrison s'intéressent aux paumés de tous poils, sait nous parler des indiens, nous fait partager son amour immodéré de la nature et de la bouffe ainsi que du sexe. On vit, on respire, on réfléchit quand on lit cette novella.

La deuxième novella est en trois parties et raconte pour chaque partie la vision de l'amitié de trois copines riches. Cette novella s'appelle « Epouses républicaines » et Jim Harrison s'est amusé à se glisser dans la peau de trois grandes bourgeoises pour notre plus grand plaisir. Les réflexions s'enchaînent dans la psyché de ces femmes, souvent sans queue ni tête, ce qui montre que ces femmes qui ont tout se cherchent comme tout le monde et n'ont pas tant que ça la tête sur les épaules. La première a essayé de tuer celui qui est l'amant des trois, un poète rencontré quand elles étaient à la fac. J'ai envie de dire que le plus intéressant dans cette novella est le portrait en creux qui se dessine de cet amant poète qui est odieux mais qui les a toutes séduites car il représente ce que ne sont pas leurs riches maris. Elles sont donc prêtes à se faire humilier pour vivre leur part de bonheur espéré.

La troisième novella est une autobiographie en trois parties de l'auteur: l'enfance et l'adolescence (formatrice dans son désir d'écrire et d'aimer la nature), la vie d'adulte (et ses problèmes d'argent) et enfin l'âge mûr ( celui de la reconnaissance littéraire). Comme il est bon se suivre Harrison dans sa vie qu'il feuillette avec vous pour mieux vous distiller ses pensées profondes qui sont autant de conseils; il est bon pour qui s'intéresse à la création littéraire de connaître les auteurs qui ont influencé Jim et à quelle période. IL est bon de s'entendre dire que la vie d'écrivain impose de nombreux sacrifices notamment financiers avant d'être reconnu. Harrison enchaîne les anecdotes avec facilité et maestria pour vous peindre un des portraits de sa vie. J'ai envie de dire que l'on ne peut qu'aimer ce type après la lecture de cet autobiographie.

Lire pour la première fois Jim Harrison est une expérience inoubliable. Pour ceux qui le connaissent déjà, la lecture de ce recueil ne fera que vous conforter dans votre intuition: Jim Harrison est bien un géant des lettres américaines!

dimanche 5 mai 2013

Les cavales d'un papillon


Titre: Papillon

Auteur: Henri Charrière

Année de première publication: 1969

Domaine: Biographie

Cote: B CHA

Localisation: Magasin 3

Utilisation: Prêt Normal



En 1967, un an après le tremblement de terre de Caracas qui l'a laissé ruiné, Henri Charrière dit « Papillon » tombe dans le journal sur l'information suivante : Albertine Sarrazin, écrivain qui a connu la prison et les cavales, a vendu 100 000 exemplaires de ses livres. Papillon se dit alors qu'avec sa vie de bagnard à Cayenne et ses multiples cavales, il doit pouvoir en faire autant s'il raconte sa vie dans un livre. IL remplit pour commencer deux cahiers d'écolier qui raconte son jugement et sa condamnation au bagne à Cayenne lui qui est innocent du crime dont on l'accuse. Il les envoie à Robert Laffont qui de suite veut la suite de cette histoire extraordinaire.

De Papillon, nous connaissons surtout le merveilleux film avec Steve Mac Queen et Dustin Hoffman; mais là dans ce vaste récit, il nous est donné de connaître la vraie vie de Papillon, vie on ne peut plus aventureuse, faite de cavales et d'emprisonnement.

Henri Charrière nous raconte sans presque rien nous cacher de la vie au bagne entre « durs ». Il dénonce aussi dans le livre la machine judiciaire française qui peut s'emballer et envoyer des innocents au bagne; attention, Papillon était innocent du crime qui l'a conduit au bagne mais n'était pas un ange non plus car à 25 ans il faisait partie du milieu. Mais nous sommes dans les années 30 et la France, pays des droits de l'homme et pays civilisé, continue d'envoyer des hommes « sur le chemin de la pourriture » comme l'appelle Papillon à savoir aller pour la plupart mourir au bagne ou bien y rester toute sa vie. Le bagne est inhumain notamment le bâtiment où l'on enferme ceux qui se rendent coupables de délits au bagne.

Papillon n'accepte pas cet état de fait et part en cavale deux mois après seulement arrivé à Cayenne. Commence alors une aventure extraordinaire qui le verra alterner cavales et emprisonnements.

On dit que la réalité dépasse souvent la fiction et quand on lit ce livre on est forcé de le croire. Ce livre est un livre d'aventure époustouflant écrit par Papillon comme s'il était à côté de vous et vous racontait sa vie; en effet, le style littéraire de papillon se rapproche de l'oralité.

On ferme ce livre un peu sonné par tout ce que l'on a appris dedans sur le monde des « durs » mais aussi avec une grande force communiquée par le récit de Papillon qui n'a jamais baissé les bras et qui est allé chercher très loin sa deuxième chance dans la vie.

Ce livre est puissant.




samedi 9 mars 2013

"Les Ritals" de Cavanna




Titre: Les Ritals

Auteur: François Cavanna

Année de première publication: 1978

Domaine: Biographie

Cote: B CAV

Localisation: Magasin 3

Utilisation: Prêt Normal



Histoire du livre: Ce livre autobiographique retrace les années de jeunesse de Cavanna, de l'âge de 6 à 16 ans, entre les deux Guerres à Nogent sur Marne, dans le quartier où vivent les italiens car son père est italien.



Ce que j'ai aimé dans ce livre: J'ai aimé la formidable tendresse que Cavanna pose sur les choses et les personnes de cette époque. Il dresse notamment le portrait de son père, maçon italien illettré, qui est très émouvant car écrit avec amour. J'ai retrouvé dans ce portrait mon grand-père italien et maçon comme le père de Cavanna. J'ai aimé retrouvé les gros mots en italien et les manies des maçons. C'est comme si j'avais pris une bouffée de nostalgie mais pas de nostalgie triste. J'ai aimé la description de la vie de petit garçon et d'adolescent dans l'entre deux guerres. Les petits plaisirs, l'école, les filles, les copains, les particularités des familles italiennes, la formidable vie qui émanait de ces quartiers. J'ai aimé la lucidité de Cavanna, notamment quand il parle de sa mère mais aussi la lucidité sur ces années acquises avec le recul de l'âge. J'ai adoré le ton de Cavanna, sa langue qui oscille entre le gamin de six ans faussement naïf et l'adolescent qui devient un homme. J'ai aimé les aventures qui arrivent à ce garçon. Je me suis retrouvé dans Cavanna et ses passions et lubies. J'ai aimé la description des familles italiennes. J'ai adoré quand Cavanna écrit comme son père parle, avec l'accent. J'ai adoré prendre un petit cours d'histoire avec l'auteur. En deux mots, j'ai adoré la tendresse et la lucidité qui se dégage de cette tranche de vie.



Ce que je n'ai pas aimé dans le livre: Rien, y a rien à jeter dans ce livre!



Livres auxquels celui-là m'a fait penser: Les romans où John Fante parle de son enfance; tout comme les textes où Jack London et Jack Kerouac parlent de leur enfance. Les chansons de Renaud.



Une phrase du livre: « Le maçon jure porco Dio, traîne la Madonna dans la merde et engueule le manoeuvre. »

samedi 2 mars 2013

"Et le souffle devient signe" de François Cheng



Titre: Et le souffle devient signe: Ma quête du vrai et du beau par la calligraphie

Auteur: François Cheng

Cote: 759.092 CHE

Année de première publication: 2001

Localisation: Prêt adulte

Utilisation: Prêt normal



Principe du livre: Dans une première partie, François Cheng expose dans un style simple l'histoire de la calligraphie chinoise, ses divers codes et diverses écoles ainsi que quelques principes du taoïsme. Puis pendant 70 pages il nous est donné d'admirer les calligraphies personnelles de François Cheng avec leurs explications aussi bien esthétiques, historiques, philosophiques et poétiques. Chaque calligraphie est présentée sur une page avec en face son explication. Cerise sur le gâteau, un petit poème chinois traditionnel vient éclairer chaque calligraphie.



Ce que j'ai aimé dans le livre: La joie et la sérénité que sa lecture m'a procurée. J'ai aimé apprendre quelques subtilités calligraphistiques pour mieux m'imprégner des oeuvres de François Cheng. J'ai aimé le style simple de François Cheng qui invite au partage autour d'oeuvres réalisées dans un seul souffle comme le pouvait être la prose inspirée de Jack Kerouac. J'ai aimé apprendre quelques notions de taoïsme. J'ai adoré l'intense poésie qui se dégage des textes et des calligraphies. J'ai adoré les poèmes des vieux sages chinois. J'ai adoré les vérités infinis et célestes se dégageant des mots de François Cheng. J'ai aimé m'immiscer dans un acte créateur artistique. J'ai aimé rêvé et réfléchir en lisant ce livre. Je l'ai picoré comme on picore un morceau de bonheur en barre, le lisant par petites étapes.



Ce que je n'ai pas aimé dans le livre: J'ai tout aimé dans le livre même si malgré la simplicité des explications, certaines notions du taoïsme m'ont échappé. Comme quoi, les façons de voir le monde orientales et occidentales sont éloignées. Peut-être ce livre, tout comme pour moi, vous donnera envie d'en savoir un peu plus sur ces manières de penser la vie.



Quelques phrases du livre:

« La calligraphie est une musique de l'âme. »

« L'artiste qui fait naître une présence d'encre est inséparable de celui qui médite devant elle. »